(actualisé avec ordre des pharmaciens, §§ 13 à 16)
PARIS, 6 mai (Reuters) - La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a appelé mercredi à faire preuve de "précaution" dans l'utilisation de la pilule Alli, au jour de la mise en vente en pharmacie sans ordonnance de ce médicament contre le surpoids.
Les autorités sanitaires ont de leur côté assorti sa commercialisation d'avertissements et soulignent qu'il est réservé aux personnes souffrant de réel surpoids ou d'obésité.
"C'est un produit qui doit être utilisé avec précaution et les autorités sanitaires n'auraient pas autorisé sa vente sans ordonnance sans un certain nombre de précautions", a averti Roselyne Bachelot, interrogée mercredi sur LCI.
"Je veux redire tout simplement que si on cherche à perdre du poids, il y a une bonne façon, c'est évidemment de réduire sa ration alimentaire et de faire de l'exercice, c'est beaucoup plus efficace que de prendre ce médicament", a-t-elle ajouté.
Elle s'est déclarée prête à défendre les pharmaciens qui pourraient faire l'objet de poursuites pour avoir refusé de vendre des pilules Alli à des personnes n'en ayant pas besoin.
Les utilisateurs d'Alli devront en outre prendre garde à ce qu'il n'interfère pas avec la prise d'autres médicaments plus indispensables, a-t-elle prévenu.
La Commission européenne a validé fin janvier la décision de commercialiser Alli sans ordonnance, sur avis favorable du Comité européen des médicaments à usage humain.
Lors du vote à ce sujet au sein de cette instance, 12 pays parmi les Vingt-Sept avaient voté contre cette solution, dont la France, a indiqué Fabienne Bartoli, adjointe au directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
Même si la décision finale s'impose finalement à la France, "nous avons une réglementation nationale qui nous permet de prendre davantage de précautions", notamment en ce qui concerne la publicité, a-t-elle ajouté.
L'Afssaps souligne sur son site internet que ce produit est "indiqué en association à un régime modérément hypocalorique et pauvre en graisses, dans le traitement du surpoids chez l'adulte".
"DÉTERMINER LE PROFIL DES PATIENTS DEMANDEURS"
L'Afssaps incite en outre les patients à consulter un médecin pour effectuer un bilan de santé général et précise que la durée du traitement ne doit pas dépasser six mois.
Elle prévoit d'organiser un suivi durant le premier semestre de commercialisation, en coopération avec les pharmaciens, auprès desquels une enquête sera menée afin de "déterminer le profil des patients demandeurs".
Du côté de l'ordre des pharmaciens, on souligne que l'Alli peut être une aide pour les personnes en surpoids, à condition que le traitement s'accompagne de bonnes habitudes alimentaires.
S'il peut jouer un rôle positif, l'Alli "n'est qu'un adjuvant qui doit venir en complément d'une bonne hygiène de vie", a souligné Jean Parrot, président du conseil national de l'ordre des pharmaciens.
Ce dernier a précisé que ce médicament ne devait s'adresser qu'aux personnes en surpoids et non aux obèses, dont le cas requiert le suivi d'un médecin.
L'Alli "ne répond pas à un problème de maladie, qui est l'obésité, avec des pathologies liées", a-t-il dit.
Dans diverses pharmacies de Paris, on faisait état d'une demande assez faible pour le médicament. Si certaines officines avaient disposé un présentoir d'Alli sur le comptoir, ailleurs on avait choisi de le garder dans la réserve.
Une pharmacie du 1er arrondissement rapportait trois ventes dans la matinée. Au premier jour de commercialisation, "on fait plus de dialogue que de vente", soulignait le pharmacien, notamment avec les personnes ne présentant qu'un léger surpoids.
"Les gens comprennent si on leur dit que ce médicament n'est pas pour eux, surtout nos clients habituels."
L'Alli est commercialisé par le laboratoire pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline . Il s'agit de la version dosée à 60 mg de la molécule Orlistat, vendue dans un dosage double et uniquement sur ordonnance par Roche sous le nom de Xénical.
De nombreux sites internet pharmaceutiques faisaient lundi la promotion en France de ce médicament, qui est déjà en vente libre aux Etats-Unis depuis juin 2007.
"Si vous devez perdre de 6 à 14 kilos, Alli est fait pour vous", lit-on sur l'un d'eux, qui propose une offre spéciale pour deux mois de traitement à 98,84 euros au lieu d'un "prix normal" de 133,30 euros.
(Gregory Schwartz, édité par Yves Clarisse)
((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 68. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging: gregory.schwartz.reuters.com@reuters.net))